Anselme Marmen, l’homme qui a tué Alexandre Rodrigue…

 

alexandre rodrigue

Alexandre Rodrigue, jeune homme, probablement avant son mariage de 1915.

 

Alexandre Rodrigue père de 4 garçons et d’un autre qui allait venir, époux de Grazziella Lamarche, fils d’Alphonse et d’Alvina Turgeon meurt tragiquement en août 1923.

Alexandre était voyageur de commerce, employé de la Canadian Metal Co ltd, et le samedi 4 août il se rendait justement au boulot en voiture. Les bureaux de la compagnie était situés avenue Hutchison à Montréal, à l’ouest de l’Avenue du Parc. Et vers 11h30, il attendait à la barrière au passage à niveau sur la rue Beaubien Ouest, entre les rues St-Laurent et Avenue du Parc, un premier train passe et la barrière se lève. Alexandre passe et sa voiture sera frappée par derrière par un deuxième train que le gardien de la traverse n’a pas vu venir. Alexandre est alors projeté à l’extérieur de son véhicule et on le ramassa plusieurs pieds plus loin le crâne fracturé. Il fut transporté à l’hôpital Victoria où il décéda vers 14h10.

 

les 3 gamins rodrigue rue Brenmer ou Benoni

Cette photo est presqu’assurément prise en 1922, une année avant l’accident. Les garçons d’Alexandre et Grazziella devant, fort probablement, la fameuse voiture…

On enquête pendant plus de deux heures. Une quinzaine de témoins sont entendus. Et le gardien de la traverse, Anselme Marmen, un homme de 60 ans, que l’on dit vieillard dans les articles de journaux, employé du Pacifique Canadien, est constitué prisonnier le jour de l’accident et il comparait le jour même devant la cour du coroner Mc Mahon. Marmen fut alors appelé à témoigner. Il déclara qu’il avait cru les deux trains passés, alors il a levé les barrières.

-Alors c’est une négligence, lui demanda le coroner

-Oui monsieur, j’avais le dos tourné à ce moment-là et je ne pouvais pas bien voir

Le coroner s’adressant alors aux jurés leur parle du devoir de ceux qui, comme les gardiens de traverse, ont la responsabilité de protéger la vie des gens. Qu’ils doivent prêter toute l’attention nécessaire pour ne pas exposer la vie des gens et que s’ils ne le font pas, ils sont responsables criminellement. Les jurés se retirèrent quelques minutes et ils revinrent avec un verdict déclarant Marmen criminellement responsable de la mort d’Alexandre.

Marmen doit alors comparaitre à une enquête préliminaire. Entre temps il est tout de même laissé en liberté sous une caution de 1000$ (plus de 14000$ en dollars d’aujourd’hui). Suite à cette enquête il est traduit en cour et est défendu par Me Dagenais,. Il sera acquitté par le juge Cusson le mardi 21 août 1923.

 

22-08-1923 la presse-anselme marmen-2

La Presse du mercredi 22 août 1923, p.16.

Anselme Marmen est né en 1858 à St-Octave de Métis et il décédera en 1934 à Montréal. Dans son acte de sépulture, seuls ses parents sont mentionnés ce qui suppose qu’il ne s’est jamais marié. Un pauvre homme… J’imagine sa vie après ces évènements… Il est certain qu’il a été négligent et que cette négligence a entrainé dans un immense deuil toute une famille. Alexandre est mort dans la fleur de l’âge, à 37 ans. Mais l’erreur reste tout de même bizarrement humaine!

 

 

Sources:

Les journaux: -La Patrie du 6 août 1923

-La Presse du 6-7 et 22 août 1923

Actes de baptême et de sépulture consultés sur Ancestry et Généalogie Québec.

Et, la feuille de calcul de l’inflation de la Banque du Canada.

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