John Franks, un homme de son temps…

Il ne faut pas juger de ses ancêtres comme de ses contemporains. La vie change et les mentalités aussi.

Une des difficulté de l’expérience humaine est de se placer à la place de l’autre, de voir les choses de la façon dont l’autre les voit. Et bien l’autre est aussi l’autre d’une autre époque.

Maintenant, ceci dit, voilà ce que j’ai envie de partager avec vous. Il y a un bon moment que j’ai l’information mais je ne savais pas exactement comment la partager. Je voulais être moi-même plus à l’aise avec le sujet.

Le sujet est l’esclavage.

Et John Franks a possédé des esclaves… En fait je ne sais pas s’il en a eu beaucoup ni si il les a eu longtemps car je n’ai qu’un seul contrat notarié.

En effet, le 2 août 1777 John est à Montréal et il achète un homme et une femme, Cuffé et Catherine, de Alexander Hay, qui vend les esclaves au nom de James Hugues, major de place à Montréal.

extrait ct achat de negres 2 aout 1777

BaNQ, notaire P. Panet de Méru, no 4714, 2 août 1777.

Le fait de posséder des humains, de vendre ou de les acheter nous semble aujourd’hui une abomination. À l’époque, cependant, les choses sont bien différentes. Une partie de l’économie du temps est basée sur cette main-d’oeuvre. On n’a qu’a penser aux raisons qui amèneront les états du sud et ceux du nord des États-Unis a se faire la guerre dans les années 1860. Une question de principe, oui, mais c’est aussi la guerre de deux économies différentes.

D’ailleurs les images qui nous viennent en tête lorsqu’on pense à l’esclavagisme états-uniens ne s’applique pas tout à fait à l’expérience vécue par les esclaves du nord de l’Amérique, au Canada. Ici, que ce soit dans au temps de la Nouvelle-France ou bien après la Conquête de 1760 par les Anglais, la situation de ces gens n’est pas tout à fait la même que dans les colonies britanniques du sud de l’Amérique ni des États-Unis plus tard.  Les esclaves qui vécurent à Montréal, par exemple, furent traités, généralement, plus comme des domestiques, c’est-à-dire qu’ils travaillaient au maintien d’une maisonnée. Je ne dis pas ici qu’il furent traités de façon égale au blancs ayant les mêmes fonctions, mais les conditions de vie étaient probablement moins difficiles pour la plupart des cas, qu’ailleurs sur le continent.

Je ne suis pas une historienne, je ne suis qu’une généalogiste amateure, et bien évidement, je n’avais aucunement l’intention de faire l’histoire de l’esclavagisme à Montréal mais j’ai lu un peu pour me permettre de comprendre un peu mieux un contexte dans lequel un ancêtre aura vécu et ma curiosité ne s’arrêtera pas là, je resterais curieuse sur le sujet! C’est un voyage fascinant!

 

Sources:

  • Les archives notariales de la BaNQ
  • Mackey, Frank: « Black Then: Blacks and Montreal 1780s-1880s » , Mc-Gill-Queen’s University Press, 2004  et même auteur: « L’esclavage et les Noirs à Montréal 1760-1840 » , Hurtubise, 2013.

 

 

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